Un support RAM Mount fixé au manche ou à la casquette d’un cockpit d’avion léger ne se choisit pas comme un accessoire moto. Les contraintes mécaniques, réglementaires et ergonomiques propres à l’aviation générale imposent des vérifications que la fiche produit ne mentionne pas. Cet article détaille les paramètres à mesurer avant de monter un RAM Mount en cockpit, en s’appuyant sur les exigences EASA/FAA récentes et les retours d’incidents documentés.
Taille de boule et capacité de charge selon le type de montage aviation
Le système RAM repose sur des boules interchangeables dont le diamètre conditionne la charge admissible et la résistance aux vibrations. En aviation légère, le choix de la boule détermine si le support tiendra lors d’un atterrissage dur ou en turbulence modérée.
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| Taille de boule | Diamètre | Capacité indicative | Usage cockpit typique |
|---|---|---|---|
| B | 1 pouce (2,54 cm) | Appareils légers (smartphone, petit GPS) | Fixation manche, casquette – vol calme |
| C | 1,5 pouce | Tablettes compactes, GPS aviation type GPSMAP 695 | Fixation casquette, cylindre |
| D | 2,25 pouces | Tablettes grand format (iPad) | Fixation renforcée, panel latéral |
| E | 3,38 pouces | Équipements lourds | Rarement pertinent en aviation légère |
La référence « RAM-B » dans un numéro de produit signale une boule de taille B. Pour un iPad utilisé comme EFB (Electronic Flight Bag), une boule B reste sous-dimensionnée : les secousses en vol cumulées au poids de la tablette sollicitent l’articulation au-delà de sa plage de confort.
En revanche, une boule C ou D sur un bras court offre un maintien nettement plus stable pour les tablettes de navigation type SkyDemon ou ForeFlight.
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Conformité EASA et FAA pour un support RAM Mount en cockpit
Depuis 2023-2024, l’EASA et la FAA encadrent plus strictement l’usage d’équipements électroniques portables montés en cockpit. La règle centrale est claire : tout support doit être fixé sans gêner les commandes ni la visibilité extérieure, et doit rester en place en turbulence modérée à sévère ou en atterrissage dur.
Un RAM Mount aviation ne bénéficie pas d’une certification aéronautique en tant que tel. Il reste classé comme accessoire portable. La responsabilité de sa conformité repose sur le pilote commandant de bord, qui doit vérifier la compatibilité avec le manuel de vol (POH) de l’appareil.
Les points de contrôle réglementaires à valider avant chaque vol :
- Le support ne bloque aucune commande de vol (manche, palonnier, manette de gaz) dans toute leur course, y compris en butée
- L’écran monté ne masque pas les instruments critiques ni la visibilité extérieure directe du pilote
- Le dispositif ne peut pas se détacher et tomber dans la zone des pédales ou des commandes en cas de turbulence sévère
- L’installation est compatible avec les procédures de l’exploitant ou du club aéro (de plus en plus de clubs exigent une vérification préalable lors des contrôles de flotte)
Un point souvent négligé : l’assurance aéronautique peut exclure la couverture si un objet détaché a perturbé le pilotage. Un GPS tombé sur les palonniers en courte finale constitue un scénario documenté dans les bases d’événements d’aviation générale.
Incidents documentés : quand le support RAM lâche en vol
Les rapports d’événements publiés par plusieurs autorités aéronautiques font état, depuis quelques années, d’incidents où un smartphone ou une tablette fixés sur rotule se sont partiellement ou totalement détachés en turbulences ou lors d’un atterrissage dur. Les conséquences rapportées vont du blocage partiel d’une commande au simple stress du pilote en phase critique.
Le mécanisme de défaillance le plus fréquent n’est pas la casse de la boule elle-même. C’est le desserrage progressif du bras à double articulation sous l’effet des vibrations moteur. Sur un monomoteur à pistons, les vibrations basse fréquence sollicitent le serrage de manière continue pendant toute la durée du vol.
Deux facteurs aggravent le risque :
- Un bras trop long qui amplifie le moment de levier (le bras court RAM standard est préférable au bras moyen ou long en cockpit)
- L’absence de re-serrage entre deux vols successifs, surtout en été où la dilatation thermique joue sur les plastiques composites
- L’utilisation d’une ventouse sur le pare-brise ou la verrière, solution déconseillée en aviation car la chaleur et l’altitude réduisent l’adhérence de la ventouse de manière imprévisible

Points de fixation RAM Mount adaptés à l’aviation légère
Les catalogues RAM proposent plusieurs bases de fixation compatibles avec un cockpit d’avion léger. Le choix du point d’ancrage conditionne à la fois la stabilité et la conformité réglementaire.
La fixation sur manche (type RAM-B-121) reste la plus courante en aviation générale. Elle place le GPS ou la tablette à portée de regard sans masquer le panel principal. La limite : sur certains appareils, le support suit les mouvements du manche, ce qui peut gêner la lecture en virage ou en turbulence.
La fixation sur casquette (RAM-B-177) utilise le rebord supérieur du tableau de bord. Elle offre une position stable et indépendante des commandes. C’est la configuration la plus sûre du point de vue réglementaire, à condition de vérifier que l’écran ne masque pas la visibilité vers l’avant et le haut.
La fixation sur cylindre (RAM-B-108) s’adapte aux tubes de structure du cockpit. Elle convient aux ULM et aux appareils dont le panel est déjà saturé d’instruments. Le diamètre du tube doit correspondre exactement au U de serrage fourni, sous peine de glissement.
Vérification avant vol : la checklist RAM Mount à intégrer
Le support ne figure sur aucune checklist constructeur. C’est au pilote d’ajouter ces vérifications à sa routine prévol. Une inspection rapide prend moins d’une minute et évite les scénarios décrits plus haut.
Vérifier le serrage du bras à double articulation en appliquant une pression latérale franche. Si l’appareil monté bouge de plus de quelques degrés, resserrer la molette. Tester ensuite la course complète du manche avec le support en place : gauche-droite, avant-arrière, jusqu’aux butées.
Confirmer visuellement que l’écran monté ne masque aucun instrument de vol ni aucune portion du champ de vision extérieur. En place gauche comme en place droite, l’angle de vue diffère. Un support bien positionné en place gauche peut masquer le badin vu de la place droite.
La dernière vérification concerne la déconnexion rapide. En cas d’urgence, le pilote doit pouvoir retirer le support et l’appareil en un geste, sans outil. Les systèmes RAM à boule permettent cette déconnexion, mais uniquement si le bras n’est pas sur-serré au point de bloquer l’extraction.

